mardi 22 décembre 2009

poèmes

La boîte

Les femmes d'ici-bas n'ont pas place en les livres
Absentes des discours entêtés de leurs mâles.
La langue va bon train et de bois elle s'enlise
De mensonges en vain en duperies de fourbes.

Mais au-delà des portes, icônes aux seins pointus
Les femmes sont partout, un bras armé de vie
Règnent sur le chaos des rêves de leurs mâles
et pointent un ventre rond éternel à maudir.

Seule dans la ruelle j'allume sous la lune
La lampe rousse à huile où vacille en pistil
une fleur de clarté qui aiguise mes yeux
qui tombent à mes pieds qui butent sur la boîte.

Des effluves fruitées, comme un baiser, en sortent
Une main lourde sur l'épaule, fière, un tissu
pourpre de robe frôle la pensée éclairée
d'être sa prisonnière, ou boire - la goulue -
d'ivresses en trésor gardé comme en secret.

Où donc livrer mes mots accouchés de la boîte?
Les couler dans les herbes d'un jardin perdu?
Les souffler, tièdes, au vent solaire et magnétique
Leur frayer un passage au travers un verrou
vers les poses alanguies d'un tableau ancien ?

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