jeudi 26 novembre 2009

un peu de technique littéraire

La réforme de l'orthographe de 1990 est-elle restée lettre morte ?

Plusieurs années après la publication au Journal officiel de la République française des Rectifications de l'orthographe proposées par le Conseil supérieur de la langue française, qu'est-il advenu de cette tentative de simplifier l'orthographe ?
Cette réforme concernait un peu plus de 2 000 mots.

L'entreprise avait reçu l'appui de l'Académie française, mais les réactions très vives de plusieurs écrivains et professionnels de la communication ainsi que de nombreux enseignants avaient fait hésiter les Immortels.

Le gouvernement français aurait souhaité que le ministère de l'Éducation nationale imposât l'application de sa réforme, mais l'Académie s'y est opposée, arguant que seul l'usage pouvait consacrer les rectifications orthographiques.

Avec un peu de recul, force est de reconnaître aujourd'hui que la simplicité visée par la réforme n'était pas véritablement atteinte par les rectifications proposées, et qu'elle imposait un nouvel effort d'apprentissage à tous les locuteurs francophones.

Il importe de rappeler que, contrairement à la langue orale, l'usage de la langue écrite ne peut évoluer librement.

La réforme orthographique de 1990 est-elle restée lettre morte ou s'est-elle appliquée, tout au moins en partie ? À ce jour, aucun pays de la francophonie n'a adopté officiellement les Rectifications.

D'une façon pratique, notamment pour les enseignants, c'est dans les dictionnaires courants qu'il sera possible de vérifier si la réforme a véritablement eu des prolongements.

Dans un dictionnaire d'usage très courant, prenons par exemple la règle des traits d'union dans les adjectifs numéraux composés :
Les rectifications orthographiques de 1990 proposaient de lier par des traits d'union les numéraux formant un nombre complexe, inférieur ou supérieur à cent.

Ex. : cent-trente-deux, deux-cents.
Cette proposition n'a pas été appliquée.

Aujourd'hui, dans les adjectifs numéraux composés, il est toujours d'usage d'employer un trait d'union seulement entre les éléments qui sont l'un et l'autre inférieurs à cent et quand ces éléments ne sont pas joints par la conjonction et.
Ex. : trente-huit, deux cent trente-deux.
...

1 commentaire:

Hélène a dit…

La suite ! Passionnant merci !