dimanche 29 novembre 2009

petites histoires des mots ou des expressions


La carambole

La carambole (1610) est un fruit orangé ou purpurin et sphérique, issu du carambolier ou arbre à caramboles (Averrhoa carambola).
C'est un fruit qui ne se pèle pas, elle se découpe en tranches. Elle se sert en salade, en confiture, en jus de fruit. Aux Antilles, on l'utilisait pour détacher le linge, polir les métaux car elle contient de l'oxyde de potassium.

L'origine carambola est portugaise (1563). Plus lointainement, le mot remonte au sanskrit karmaranga.
La finale est altérée par bola , la boule ou la bille, en portugais.

Le nom portugais, passé en espagnol en 1578, a servi aussi à désigner les billes de billard rouges à cause de la ressemblance de forme et de couleur. Cette métaphore passe ensuite en français vers 1792. Le verbe caramboler signifie au début « toucher du même coup deux boules avec la sienne ». De là vient l'un des noms du billard français ou européen, le billard carambole, qui se joue à trois boules sur des tables sans trous, par opposition au billard américain.

De caramboler : "faire d'une pierre deux coups", on passe à un sens figuré, "provoquer une chute" :
« Leur père qui carambole en ruinant son fils et sa fille », Balzac.

Le fait de se caramboler se spécialise après dans le domaine automobile par analogie entre les boules et les voitures, avec entre autre le mot "carambolage".

De l'idée de heurt, on passe à celle du coup porté par violence : caramboler veut dire battre en 1862 et carambolage est synonyme de lutte en 1867.
Comme il y a contact physique, on passe à l'idée de contact sexuel : caramboler signifie posséder en 1864, et carambolage évoque le coït en 1881. On peut trouver aussi d'autres motivations à cette histoire de queue et de boules. ;-)

Le vol à la carambole (1878) concerne le vol à l'étalage, par comparaison avec le mouvement des boules de billard et celui des marchandises qui passent de complice à complice. Ce terme est altéré alors en carambouillage ou carambouiller, qui consiste à revendre une marchandise non payée. De là, on étend la carambouille ou le carambouillage à la faillite (1936) et l'action de carambouiller au fait de dévaliser (1935).
La finale "-ouille" s'explique par la synonymie entre la boule et la bouille, mais aussi par le suffixe péjoratif -ouille (fripouille, tripatouille).
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