mardi 3 novembre 2009

petite histoire des mots ou des expressions


La châtaigne


Le nom de l'arbre est dérivé du nom du fruit en français, mais en latin castanea désignait l'un et l'autre. Ce nom latin est lui-même issu du grec kastanea de kastana au masculin pluriel se rapportant au châtaignier.

L'origine du nom grec est confuse. On l'attribue parfois à la ville de Kastanon en Thessalie ou dans le Pont qui aurait été réputée pour la qualité de ses châtaignes. Il est plus probable que la ville tire son nom de l'arbre. Le mot est probablement originaire d'Asie mineure, il a été également emprunté par l'arménien kask le fruit, kaskeni l'arbre.

Une légende tardive veut que le châtaignier soit né de Jupiter ou de Diane. Courtisée par Jupiter, la nymphe Néa, compagne de Diane, préféra se tuer plutôt que de perdre sa vertu. Pour lui rendre hommage, elle fut transformée en un arbre majestueux, la Casta Nea ou la chaste Néa, dont les fruits garnis de piquants symbolisent cette aventure.
Cela ne relève que du jeu de mots.

Le nom chastenier apparaît en 1100, il devient chastenier en 1165, voire castegnier en normand.
Le nom du fruit est un peu plus tardif en français, chastaigne vers 1180. Cependant, on peut noter que le nom a été dès cette époque employé comme adjectif afin de désigner une couleur entre le brun et le blond.
La forme chastaignier date du XVIe s

Un de ses noms métaphoriques, très présent dans le Midi, est l'arbre à pain car la châtaigne donnait une farine dans ces régions pauvres.

L'orthographe du nom de l'arbre est une des singularités du français. C'est l'un des seuls mots avec quincaillier ou marguillier qui présente un i superfétatoire. Le suffixe -ier rappelle la dérivation comme dans pommier, cerisier, abricotier.

Notons que les castagnettes (cascanettes 1585, castaignettes 1606, castagnettes 1607) sont empruntées à l'espagnol castañetas (1571), l'instrument de musique était fabriqué en bois de châtaignier.

L'anglais chestnut (littéralement noix de châtaigne) a d'abord été chesten nut avant d'être contracté. Il était en moyen anglais chesten, et antérieurement chestein, chesten, chastein, chesteine, chasteine. Le nom est bien un emprunt à l'ancien français.

La châtaigne désigne encore :
– châtaigne d'eau, la macre (1561) ;
– châtaigne de mer, l'oursin (1564), par analogie avec la bogue ;
– châtaigne, une petite plaque de corne située, chez le cheval, à la partie inférieure et interne de l'avant-bras.

Le langage familier emploie le mot châtaigne pour désigner un coup, c'est un usage qui remonte loin, le mot voulait dire « coup sur les doigts » dès 1635. Le terme est en concurrence avec marron. On peut remarquer que la castagne méridionale provient de là aussi. Cette expression apparaît vers 1910, d'abord comme un vol manqué, puis comme un coup de poing par métaphore, une rixe ensuite par métonymie.

Expressions et proverbes :
- Il ne trouve pas qui lui pare les châtaignes : ne pas trouver un bon accueil.
- Peler les châtaignes à quelqu'un, c'était mentir ou jouer un tour à un naïf.
- Le poêle à châtaigne, c'est un visage marqué par la variole, par analogie avec le poêle sur lequel on fait cuire les marrons, faisant apparaître des trous rouges.
- Le proverbe tirer les marrons du feu était initialement tirer les châtaignes du feu (XVIe s.). Il y avait confusion entre les deux noms avant l'apparition du marron d'Inde.
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3 commentaires:

Hélène a dit…

Fort intéressante cette chaste châtaigne ! Merci !

Sophie a dit…

;-)

colette a dit…

tu as oublié l'expression "je vais te mettre une chataigne"