jeudi 30 avril 2009

critique littéraire


Miel de bourdon de Torgny Lindgren (Actes Sud, 1999, 130 pages)

Elle écrit des récits sur la vie des saints et donne des conférences. A la sortie de l'une d'elles, elle est raccompagnée par un homme qui doit l'héberger. La neige abondante l'empêche de quitter les lieux le lendemain. Elle fait alors connaissance d'Hadar, atteint d'un cancer et en bout de course. Hadar a un frère, Olof, son voisin, qu'il déteste et dont il souhaite la mort. Un frère qui ne vit que par et pour le sucre, au point lui aussi d'être sur le point de mourir.
Peu à peu, la jeune femme pénètre les secrets de l'un et de l'autre, de ces deux êtres qui tiennent uniquement grâce à la force que leur donne le refus de laisser le plaisir à l'autre de mourir avant lui.

Trio étouffant, huis-clos intimiste, morbide, mais splendide. Un récit grave et un ton sombre pour Torgny Lindgren qui aborde en douceur la fin de vie, le mépris, la haine familiale et les secrets trop lourds à porter. Chaque frère tente d'oublier ses péchés en ressassant le malheur de l'autre. Rire des autres permet de s'oublier soi-même.
Le récit est empreint d'une atmosphère lourde, comme si l'on était prisonnier de l'aigreur des deux frères malades. Mais, même si parfois on souhaite les voir mourir, on reste, tout comme la jeune femme, terriblement attachés à eux.

Miel de Bourdon est un roman dense et lourd, superbement écrit, aux personnages ambivalents, à l'atmosphère drôle et dramatique à la fois. C'est un roman que j'ai tout simplement adoré.
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1 commentaire:

Hélène a dit…

Ceci donne immédiate envie de lire. Et puis le titre !!! Quel régal d'avance... merci les mots d'où !