mardi 10 mars 2009

NOUVELLE

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L’écharpe d’Iris
Orange

Et Gaïa offrit à Zeus et à Héra, comme présent de noces, une coupe d’orange.
Mythologie grecque.


Le carnaval battait son plein. La multitude était telle que l’on ne reconnaissait même pas son voisin tant les mouvements de foule faisaient tourner les têtes…Les déguisements bariolés volaient dans tous les sens. Les femmes et les hommes se confondaient, dans les gestes excessifs, les mouvements de reins lascifs, les ondulations des corps, les rires aigus, les yeux bleuis écarquillés, les bouches tordues rouge sang. Ils se confondaient même avec leurs vêtements. On ne voyait qu’un bouillonnement d’étoffes multicolore qui flottaient au gré des balancements humains, sans rien sentir d’autre de la vie qu’une palpitation frénétique et dissolue. Des chants d’ivresse s’élevèrent soudain, et une voix de ténor se distingua. Un homme, vêtu d’une grande toge orangée , le visage excessivement rougi de fards et d’alcools, simulait des tableaux obscènes et avec une immoralité d’éthilique, se livrait à des gestes lubriques et provoquants. La foule s’arrondit autour de lui, formant une spirale inquiète de gens avides de désordre. Dans une débauche de grimaces, l’homme hurlait des refrains paillards en illustrant ses paroles de déhanchements appropriés. Les hommes riaient, les femmes criaient. L’homme encouragé, s’agitait de plus belle. Derrière lui, la foule des travestis se mit à déambuler dans les rues de la ville, scandant d’onomatopées évocatrices les grossièretés des rengaines. Une tension malsaine montait. Certains hommes se mirent à jurer sans retenue, d’autres à se livrer sur des femmes à des attouchements hasardeux, puis indécents, que leur permettait l’ivresse, la promiscuité, l’exemple de leur meneur. Le défilé prit des allures d’orgie, de bacchanale… un parfum de luxure envahit toutes les narines, des instincts sans limites occultèrent la bienséance, des bouches s’évadèrent l’amollissement du quotidien, du poli, du convenable, pour laisser place à des monstres de carnaval sans plus aucun contrôle du rationnel, livrés à des forces élémentaires insondables, plongés dans un violent désir de chaos !

fin de la première partie.
(vous pouvez retrouver la nouvelle en entier sur le blog http://nouvellesetcontes.blogspot.com/)
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