samedi 28 mars 2009

critique littéraire en amateur

L'Arbre aux haricots
de Patricia Kingsolver
(Rivages, 1997, 340 pages)


Taylor est une jeune fille dont le but principal dans la vie est d'éviter la grossesse, dont les jeunes voisines de sa petite ville de la cambrousse américaine sont précocement et régulièrement affligées, et les pneus, depuis qu'elle a vu un de ses voisins projeté par l'explosion d'un pneu de tracteur à quelques mètres de haut. Aussi, sans avenir dans ce coin perdu, elle achète une petite voiture et part sans se retourner, laissant sa mère derrière, son prénom, et toute son enfance. Où va-t-elle? Jusque là où sa voiture asthmatique la mènera. Mais en chemin, après quelques ennuis mécaniques et beaucoup de fatigue, une femme se présente, et dépose dans sa voiture... un bébé. Un enfant, plutôt, une petite indienne Cherokee qui ne semble avoir d'autre but dans la vie que de s'agripper, ce qui lui vaudra le prénom provisoire de "Turtle", puisqu'une tortue, dit-on, quand elle vous mord, elle ne vous lâche plus...
Ainsi démarre la vie libre de Taylor et de Turtle, la petite fille battue et abusée s'accrochant à cette mère d'occasion, laquelle va se battre pour que toutes les deux puissent avoir leur place au soleil dans l'Amérique contemporaine. Chambres d'hôtel, garderies de supermarché, beurre de cacahuète, Taylor met sa formidable énergie de vivre dans ce combat quotidien pour assumer cette maternité tombée du ciel, et découvre l'amitié, avec Lou-Ann, avec Mattie, la vendeuse de... pneus, qui l'embauchera, et même l'amour, impossible et douloureux, d'Estevan, réfugié guatémaltèque.
Mais les choses ne sont pas toujours si simples qu'un peu de courage et beaucoup de travail peuvent venir à bout de toutes les difficultés. Une assistante sociale, un jour, réclame des droits sur Turtle... Comment se procurer les papiers qui feront de l'enfant la vraie fille de Taylor?


Cette histoire est racontée sur un ton plein d'humour et d'optimisme, de fraîcheur, le genre de livres qui met de bonne humeur et qu'on veut continuer à lire jusqu'au bout. Il y a sur ce fond d'humour, des moments de tristesse, de doute, avec le sort des réfugiés d'Amérique Latine, qui sont refoulés à la frontière et ainsi souvent voués à la mort. C'est aussi l'histoire de gens simples qui font tout pour les aider, tel que Mattie.
C'est un très beau livre, où on suit aussi les progrès de Turtle, ses premiers mots, les doutes de Taylor quant à sa capacité à élever cet enfant. Une bouffée d'air frais!


Les personnages sont attachants, simples et vrais; c'est un vrai bonheur de les suivre page à page.

Un roman que je vous conseille (comme tous les romans de Patricia Kingsolver), pour sa fraîcheur, son humour très fin, son analyse simple et tendre des personnages, son côté écologique et humaniste!
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