samedi 18 octobre 2008

Dompteuse


Etudié en fac (il y a longtemps...), Germain NOUVEAU, que je découvrai, me parut un poète étonnant, bien que classique. (pour en lire encore, cliquez ici).

Je vous propose Dompteuse, dont la musique, les couleurs et le rythme, et dont le drame inscrit dans un calme qu'on penserait inapproprié sont vraiment remarquables.


Dompteuse

Elle vint dans Ninive énorme, où sont les fous
Qui veillent dans les lits et dorment sur les tables,
Et le théâtre est cendre où, les soirs ineffables,
Elle noyait sa tête aux crins des lions doux.

Fixant sur eux des yeux charmeurs comme en des fables,
Elle allait, éteignant leurs cris dans ses genoux,
Calme, et trouvant l'odeur des palmes et des sables
Au souffle de leur gueule errant sur ses seins roux.

Ses cheveux fiers, sa main doucement suspendue,
Ses robes dans leur fleur ne l'ont point défendue.
Un jour la griffe immense et tranquille la prit.

La foule ayant fui blême, un parfum pour des âmes
Sembla mêler, le long des promenoirs à femmes,
Le sang de la Dompteuse aux roses de la Nuit.

Germain Nouveau
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1 commentaire:

Hélène a dit…

C'est parti pour la découverte ! Merci !